Artisan fleuriste freelance, Biarritz, Pays Basque, créatrice d'émotions florales

Les Arts nature au pays du Soleil Levant

Trois façons japonaise de magnifier la nature

1-L’Ikebana… Une technique florale séculaire très codifiée.

Un art floral exigeant. Une part intrinsèque de la culture japonaise. Si à sa naissance cet art était réservé aux moines, aux nobles, aujourd’hui les jeunes femmes de bonne éducation sont toutes éduquées à ses codes stricts.

Le mot Ikebana peut se traduire par cette métaphore: « L’Art qui donne une nouvelle vie aux fleurs ».

Un grand art floral traditionnel nippon.

Plusieurs écoles, se partagent la pratique aux différents styles enseignés dans le monde entier, certaines sont séculaires : Ikenobo, la plus ancienne, Ohara, Sogestsu, traditionnelles et Ichigo et Misho parmi les milliers existantes, plus contemporaines. Plusieurs courants avec leurs différences, mais tous sont porteurs de la même rigueur, avec des règles très précises, de mêmes valeurs éducatives:

-L’humilité dans sa pratique, est indispensable tout particulièrement dans cet art technique si complexe. Proche d’une certaine spiritualité, ses règles s’acquièrent peu à peu, au fil d’un long apprentissage pour en comprendre et en maîtriser des codes millénaires quasiment inchangés depuis que cet art est parvenu au Japon avec des moines Bouddhistes venues de Chine.

-L’harmonie, indispensable doit transpirer entre les végétaux (#fleurs, #plantes, branchages, feuillages, pierre, eau…) et leur contenant. Chaque élément incorporé doit respecter un aspect d’un environnement, d’un biotope et en souligner la pureté de ses lignes. L’Ikebana retranscrit un paysage, qu’il y est ou non des fleurs!

-L’équilibre aussi doit régner, se ressentir entre les vides et les masses. Les contrastes de forces, de légèreté, sont soulignés par le choix des matériaux et des couleurs soigneusement utilisées. L’ensemble reflète l’amour et le respect de la nature!

L’Ikebana fait encore partie de l’éducation de toute les jeunes filles, c’est bien un des trois piliers de la culture nippone. Certains hommes cultivés, sans êtres moines, suivent aussi son apprentissage. Une pratique proche de la méditation pouvant parvenir à procurer à l’artiste une certaine sérénité!

2-Le Bonzaï

Littéralement: « Arbre miniature » !

Superbe bonsai à étages!
Bonzaï majestueux

Les végétaux choisis, qui en pleine nature seraient parfois devenus des géants centenaires, sont miniaturisés par la volonté de l’homme et des techniques très précises. Selon les formes souhaitées au final- arbre sur rocher, rassemblés en forêt, ou solitaire majestueux, les arbres subiront au fil des ans, de nombreuses tailles de branches, de racines, de feuilles, associés à des torsions et ligatures de leurs troncs au moyen de fils de cuivre solides.

Présentés toujours dans des contenants raffinés, seul, en groupe de 2 ou 3, parfois même rassemblés en forêt de dizaines d’individus. Souvent d’essences nobles, ils trônent dans les jardins calmes, parfois Zen, des japonais de classes aisées, mit en valeur comme des trésors, qu’ils sont! Chacun valant des sommes astronomiques, parfois reçus en héritage des générations précédentes, patrimoine vivant!

Toutefois il est aussi possible de voir, en pleine nature, des « bonzaïs naturels » en moins beaux, certes, car en souffrance du à une croissance difficile due aux conditions climatiques difficiles, sols pauvres ou manque de substrat, survie entre des pierres…. Pour un passionné débutant, c’est l’occasion de sauver un arbrisseau et de le façonner à « sa » façon pour en faire un « vrai » Bonzaï!

Ceux que nous connaissons aujourd’hui sont crées tels de véritables « sculptures » par des artistes jardiniers. D’une culture et d’entretien complexe, taille, ligature, rempotage…Il demeure un art réservé à des spécialistes, des érudits, plutôt qu’aux amateurs, même si sa culture s’est fortement « démocratisé pour le plaisir de tous; les sujets vendus à petits prix, en jardineries sont rarement de vrais Bonzaïs mais des plantes naines, des pousses greffées sur des troncs à travailler! Mais ne vous y trompez pas tout ce qui est miniature n’est pas « Bonzaï!

3-Le Kokedama

De drôles de petites boules de vie!

Asparagus plumosus présenté dans sa boule, en kokedama.
Asparagus présentée en Kokedama

Le plus récent des arts floraux japonais est née, lui dans les années 90; il séduit particulièrement les jeunes citadins en manque de nature et qui disposent de peu d’espace, tant leur appartement sont minuscules!

Plus facile à réaliser soi même, il n’en demeure pas moins que son entretien demande aussi des soins réguliers. Le danger qui les guette de façon permanentes est la déshydratation! Ces petites plantes mises en boule possèdent peu de racines en effet et ne disposent que de très peu de substrat! Mais nous en reparlerons dans un autre article!

Ces domaines artistiques venues du bout du monde vous fascinent!

Je vous propose de les découvrir davantage lors d’un atelier floral. Sans devenir un expert, il est possible de se faire plaisir en les approchant de plus près!

A bientôt Véronique